Soudan du Sud : le gouvernement et les rebelles sommés de signer un accord de paix

Lundi 17 Août 2015 - 14:23

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Pour aider les deux parties à parvenir à un accord à la date butoir du 17 août fixée par les médiateurs, et obtenir un règlement du conflit au Sud Soudan, les présidents de la région, le Kényan Uhuru Kenyatta, l’Ougandais Yoweri Museveni et le Soudanais Omar el-Béchir, ont fait le déplacement d’Addis-Abeba, en Ethiopie.

Les négociations ont effectivement repris lundi dans la capitale éthiopienne à la date donnée aux acteurs du conflit pour signer un accord et mettre fin à une guerre qui dure depuis 20 ans. Et le président sud-soudanais Salva Kiir est revenu sur la table des négociations pour tenter de trouver une solution à la crise qui oppose l’armée loyaliste aux partisans de l’ancien vice-président, Riek Machar.

La difficulté pour les parties concernées est que le document proposé par l’Igad, l’organe régional en charge de la médiation, est toujours contesté par les deux camps, notamment ses aspects politiques et militaires. Malgré cela, les négociateurs ont affiché leur optimisme sur l’aboutissement des négociations.

Le président sud soudanais, Salva Kiir qui s’exprimait avant de quitter Juba, la capitale de son pays, avait prévenu qu’un accord de paix « qui ne peut pas être maintenu ne peut pas être signé ». « On devrait signer quelque chose dont on peut profiter. Si on signe l’accord de paix aujourd’hui et que demain la guerre reprend, qu’aurons-nous accompli ? », s’est-il demandé. « Même si je ne suis pas content, je dois m’y montrer car si je n’y vais pas, des forces négatives vont me présenter comme celui qui est opposé à l’accord de paix qui allait être signé », a ajouté Salva Kiir.

Ces derniers pourparlers placés toujours sous la supervision des médiateurs régionaux de l’Organisation intergouvernementale est-africaine (Igad) apparaissaient donc comme la plus sérieuse opportunité pour les belligérants de mettre fin au conflit qui ensanglante le Sud soudan. Une occasion dont les frères ennemis du pays doivent saisir même s’ils ont auparavant conclu sept cessez-le-feu, qui ont été aussi vite violés qu’ils avaient été signés.

Lors de sa visite en juillet en Ethiopie, le président américain, Barack Obama avait dit soutenir l’Igad dans sa médiation sur la crise du Soudan du Sud. L’organisation et les médiateurs internationaux formés de l’ONU, de l’UA et de la Chine, de la Grande-Bretagne, de la Norvège et des États-Unis, avaient alors demandé aux parties sud soudanaises de négocier avec « bonne foi » afin de signer. Ils avaient par ailleurs fait planer les menaces de sanctions contre les deux camps.

Barack Obama avait par ailleurs discuté avec les chefs d’Etat de la région sur les options disponibles pour ramener la paix au Soudan du Sud. Au moins l’un des pays africains avait proposé une action militaire, mais les Etats-Unis voudraient éviter une telle extrémité.

Notons que plus de 70 % de la population du Soudan du Sud (12 millions d’habitants), le plus jeune pays du monde, dont l’indépendance avait été célébrée dans l’enthousiasme en juillet 2011, a besoin d’une assistance humanitaire. L’ONU estime à  2,2 millions le nombre de personnes ayant fui leurs foyers du fait de la guerre dans ce pays.

Nestor N'Gampoula

Notification: 

Non