Disparition : un activiste de la lutte contre le Sida inhumé le 3 octobre

Samedi 4 Octobre 2014 - 20:00

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Les acteurs œuvrant dans la lutte contre le VIH et le Sida au Congo, avec à leur tête, l’épouse du chef de l’État, Antoinette Sassou N’Guesso, ont rendu un hommage mérité au premier Congolais ayant témoigné de son état de séropositivité à visage découvert : Ambroise Mamona.

Décédé le 22 septembre dernier à l’âge de 66 ans, l’ancien président du Réseau national des associations des positifs du Congo (Renapc), président de l’Association vivre plus au Congo, Ambroise Mamona « Moutchatcho », a été inhumé le vendredi 3 octobre au cimetière privé Bouka, dans le 9e arrondissement de Brazzaville. Peu avant le départ du cortège funèbre pour le cimetière, il a reçu un dernier adieu, au cours d’une cérémonie solennelle organisée, le 3 octobre au Palais des congrès de Brazzaville, marquée par le dépôt des germes de fleurs par la présidente de la Fondation Congo Assistance, la SEP/CNLS, le représentant du ministère de la Santé, les parents, amis et connaissances.

Un homme attachant, volontaire et déterminé

Selon la présidente du conseil d’administration du Renapc, Valérie Maba, l’illustre disparu était un homme exceptionnel, un homme de compromis et de conciliation, pour qui, la paix et l’harmonie n’avaient pas de prix. « Il excellait dans son rôle de médiateur au sein du Renapc, tel qu’il a su le démontrer à quelques reprises entre les membres de certaines associations du réseau. C’est un homme attachant, volontaire et déterminé. Ainsi, la détermination et surtout la résilience dont il a su faire preuve au long de sa vie de lutteur, sont deux traits de caractère que chaque membre du réseau devrait pouvoir s’inspirer à tout jamais », a-t-elle reconnu.

En effet, né le 16 octobre 1947 à Brazzaville, Moutchotcho, comme l’appelait affectueusement ceux qui le côtoyaient, a débuté la lutte contre le VIH et le Sida en 1996, alors qu’il travaillait au CFCO (Chemin de fer Congo Océan). En 2000, il fonde l’Association Marc Gentilini, devenue en 2003, Association vivre plus au Congo. Il a plusieurs fois fait entendre la voix des personnes vivant avec le VIH au Congo dans les conférences et les réunions internationales. « Tu as commencé une œuvre que tu n’as pas pu terminer. Tu avais encore beaucoup à nous apprendre dans la lutte. Mais, dans la détresse psychologique profonde née des questionnements sur l’avenir, nous nous accrochons comme tu as pu le faire pendant près de 20 ans », a ajouté Valérie Maba.

Les trois valeurs qui caractérisaient l’homme

Dans son oraison funèbre, le coordonnateur du secrétariat exécutif permanent du Conseil national de lutte contre le Sida (SEP/CNLS), le docteur Achille Lanzy, a salué le courage, le sens de l’humour et l’attachement de cet homme à la vie. « Le courage de se battre pour survivre, le courage de faire, pour la première fois, des témoignages à visage découvert, le courage d’aider les autres à travers la première association de personnes vivant avec le VIH », a-t-il rappelé.

Président du Renapc de 2003 à 2007, Ambroise Mamona a été, pendant cette période, le porte étendard pour l’amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec le VIH au Congo. Il a brisé, d’après Achille Lanzy, le mythe de l’omerta, le silence souvent vicieux qui caractérisait alors la vie des personnes séropositives à cette époque. Il a ainsi préparé, a-t-il ajouté, la voie à l’émergence d’une nouvelle génération de leaders positifs, dont la quantité et la qualité n’ont, depuis, cessé de croître. « En tant que père de famille, Ambroise Mamona avait compris qu’il ne fallait pas baisser les bras ; qu’il fallait se battre pour son épouse, ses enfants, ses amis et compagnons de lutte, en suivant scrupuleusement les prescriptions médicales, et en aidant les autres à faire de même », a laissé entendre le coordonnateur du CNLS.

Achille Lanzy a, par ailleurs, regretté le fait qu’Ambroise est parti pendant que sa grande famille et son pays avaient encore besoin de lui. Car il avait encore des défis à relever, des travaux à parachever, une famille à rassembler. « Les membres du Renapc feront que les 18 ans que tu as passés dans la lutte à leurs côtés ne soient pas vains. Ils collaboreront davantage avec les pouvoirs publics et tous les autres partenaires pour que la séropositivité au Congo, soit réellement vécue comme une vie positive. Tous les acteurs de lutte contre le Sida, poursuivront la lutte pour laquelle tu as consacrée ta vie », a-t-il conclu.

Soulignons que l’illustre disparu a laissé derrière lui, une veuve et douze enfants. Que la terre lui soit légère.

 

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Antoinette Sassou N'Guesso réconfortant la veuve et les enfants de l'illustre disparu; la secrétaire exécutive du CNLS, Marie Francke Puruehnce s'inclinant devant la mémoire d'Ambroise Mamona; crédit photo Adiac