Partenariat ambassade de France-CCNC : clôture du projet de réinsertion des enfants de la rue

Jeudi 25 Septembre 2014 - 20:10

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Le projet se compte parmi les neuf en cours portés par treize associations dont près de deux mille six cents enfants et jeunes ainsi que  plus de 25 % de filles sont bénéficiaires.

L’ambassade de France en RDC et la Communauté du chemin neuf au Congo (CCNC) ont officiellement clôturé, le 24 septembre, à Kinshasa le projet « Réinsertion socio-économique des enfants et jeunes de la rue » mis en œuvre par le CCNC à travers le Centre Ndako ya biso, situé dans la commune de Makala.

Estimé à soixante-quatre mille deux cent quatre-vingt-huit dollars américains, ce projet de dix-huit mois avait comme objectifs l’identification et l’écoute de plus de sept cent cinquante enfants de la rue sur les différents sites environnant le rond-point Ngaba, l’accueil au centre de jour et l’organisation de vingt-sept sorties pour les enfants permettant une approche éducative complète, la réunification familiale de trois cent quarante-cinq enfants et jeunes de zéro à vingt-huit ans dont cent  neuf filles.

Le projet a également inscrit dans ses objectifs la remise d’un kit de réinsertion à chaque enfant ainsi qu’un suivi éducatif renforcé, la scolarisation de deux cent trente-quatre enfants et la formation professionnelle de trente jeunes, l’attribution de deux cent sept microcrédits et l’appui au logement de trente-quatre familles.

Cette cérémonie organisée dans les installations du Centre Ndako ya biso, bénéficiaire du projet, a connu la présence du bourgmestre adjoint de la commune de Makala, Gomer Mansi Nsiala, du représentant de l’ambassade de France, Sébastien Dauré, du responsable de la CCNC, Père Stéphane Huart, du responsable du centre Ndako ya biso, Jean-Pierre Godding, des responsables du Réseau des éducateurs des enfants et des jeunes de la rue ainsi que des autres invités.

Cette manifestation a été l’occasion pour toutes les parties prenantes de souligner les résultats atteints dans le cadre de ce partenariat. Ce projet a, en effet, initialement visé la réinsertion familiale de trois cents enfants. Mais dans son exécution, il est allé au-delà des objectifs en dépassant même le nombre fixé pour aboutir à la réinsertion de trois cent quarante-cinq enfants.

Un projet réaliste et innovateur

Le projet « Réinsertion socio-économique des enfants et jeunes de la rue » exécuté par le Centre Ndako ya biso a dépassé les objectifs initialement fixés et a permis d’envisager la réinsertion comme un processus global. Il a permis à chaque enfant bénéficiaire de jouir d’une prise en charge intégrale depuis la rue jusqu’à la réinsertion familiale et scolaire, tout en appuyant les familles afin de garantir l’efficacité et la pérennité de ces réunifications. « Je salue l’aspect réaliste de ce projet qui consiste en la scolarisation des enfants ou l’apprentissage d’un métier ainsi que les visites de suivi », a souligné Jean-Pierre Godding. Mais le responsable du Centre Ndako ya biso s’est également réjoui de l’approche adoptée par ce projet d’allouer des micro-crédits aux familles des enfants réinsérés afin de consolider et de pérenniser cette réinsertion familiale.

Pour Jean-Pierre Godding, qui a souligné le caractère novateur et l’importance de ce projet pour ce centre, financer un projet de réinsertion des enfants et des jeunes de la rue sans prévoir un micro-crédit à allouer à ces familles est un non-sens, étant donné que c’est « le manque des ressources qui a conduit la majorité de ces enfants dans la rue ». Le responsable du Centre Ndako ya biso a également souligné la mise à disposition des familles concernées d’une garantie locative, qui leur a permis « à faire le pas » étant donné que réunir les fonds pour s’acquitter de cette obligation, qui donne accès au logement, est une mer à boire pour les familles démunies de Kinshasa.

Les bénéfices du Centre Ndako ya biso et du projet soutenu par l’Ambassade de France en RDC pour les familles qui en ont profité ont été soutenus par des témoignages faits par deux mères qui avaient bénéficié des micro-crédits pour appuyer la réinsertion des deux enfants dont l’un est reçu en famille d’accueil.

Cette importance a également été appuyée par les témoignages de l’autorité municipale de Makala, Gomer Nsiala, du directeur du Complexe scolaire Nzeyi, partenaire du Centre Ndako ya biso, qui encadre vingt-deux enfants venus de cette structure, ainsi que de Joël Kabeya, qui a été accueilli au centre et qui suit une formation professionnelle.

Inscrire l’action dans la continuité

Dans leurs interventions, tous ceux qui ont pris la parole à cette occasion ont souligné la nécessité de la continuité de l’action initiée par ce projet, étant donné la persistance du besoin sur le terrain. « Que cette journée laisse des traces et beaucoup d’espérance pour l’avenir », a souligné le responsable de la CCNC, père Stéphane Huart. Cependant pour Jean-Pierre Godding, cette journée qui a marqué la clôture de ce projet a été un jour de joie et de tristesse « parce que les enfants de la rue sont toujours là ». Le futur n’étant pas assuré, a-t-il dit, nous sommes à la recherche des partenaires pour la continuité de cette action.

Pour Sébastien Dauré, qui a souligné l’importance du travail abattu et des résultats obtenus, « la clôture de ce projet n’est pas une fin en soi ». Il a promis de se faire le relai du Centre Ndako ya biso et de la commune de Makala pour que les autres partenaires s’approchent de cette structure.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: le responsable du Centre Ndako ya biso exprimant sa joie aux participants à la cérémonie/ Photo Adiac Photo 2: l'assistance suivant les explications du responsable du Centre Ndako ya biso/Photo Adiac