Insécurité : le journaliste Élie Smith raconte les circonstances de son agressionSamedi 13 Septembre 2014 - 15:45 Notre confrère, le directeur de la chaine privée MNTV et aussi directeur des études et de la planification du groupe MNcom, a été victime d’une agression à domicile. L'acte qui s'est passé dans la nuit du 9 au 10 septembre a été accompagné du viol de sa sœur cadette qui vivait avec lui. Les raisons de cette perquisition ne lui ont pas été dites clairement. Voici le récit du drame tel qu’il l'a raconté aux Dépêches de Brazzaville, joint par téléphone. « Je dors souvent tard car c’est à ce moment que je mène mes enquêtes. Mais ce soir-là, je venais de finir une émission sur DRTV, Sans Détour, présenté par Sony Benga. On a parlé de l’islam et de la grande mosquée qui sera érigée à Brazzaville. On a fini l’émission autour de minuit. Et comme cela faisait quatre jours qu’il n’y avait pas d’électricité dans mon quartier, je suis allé à MNTV pour charger mon téléphone et j'y suis resté jusqu’à deux heures du matin, si je ne me trompe pas. En quittant les lieux, je me suis arrêté à la coupole parce qu’il y avait un contrôle de police. J’y suis resté quelques secondes après avoir échangé avec deux policiers qui me connaissaient. J’ai continué mon chemin et au niveau du rond-point du ministère des Finances, je constate qu’il y a un taxi, appelé communément "Bénoît 16" qui me suivait. Mais je ne prêtais pas attention. Arrivé chez moi, je découvre que le même taxi est passé devant en trombe. J'ai gardé mon calme. C'est lorsque je me retrouve dans la maison, à dans ma chambre, que j’entends du bruit dehors : où est ton chef ? Et des coups à l’endroit de mon gardien. Je me suis présenté à eux, ils étaient cinq, et ils se sont rapprochés de moi en me menaçant de mort et m’ont demandé de l’argent en se dirigeant dans ma maison jusque dans la chambre. Ils m’ont ravi ma montre, mon alliance, les chaussures que je portais et ont fouillé dans mon tiroir et pris les 3 millions qui s’y trouvaient et ce qui était dans mes poches. Ils ont saccagé ma maison. Par la suite, ils ont voulu savoir où se trouvait ma femme. Juste après, trois d’entre eux se sont pris à ma petite sœur qu’ils ont violé après que le gardien avait refusé de le faire. Ces agresseurs ont continué à me menacer. L’un d’entre eux était en communication et dissuadait les autres de me laisser en vie pour me permettre de raconter cette scène en tant que « grand journaliste », tel qu’ils m’appelaient. Ils ont emporté dans une de mes valises quelques biens que je possédais (télévision, lecteur DVD, mon passeport) ». Depuis cette agression, Élie Smith n’a pas encore retrouvé son passeport, ni son téléphone portable. Il a reconnu que c’est pour la première fois qu’il subit un tel acte en dehors des menaces verbales par téléphone. Lors de son agression l’un des membres du groupe a prononcé le terme « règlement de compte ». ce qui lui donne la certitude que ces personnes sont bien informées sur sa vie. Heureusement pour lui sa famille est très loin et en sécurité. Notre confrère reste serein mais regrette simplement le supplice infligé à sa sœur. Cette dernière a été admise dans une clinique de la place où elle a bénéficié de tous les examens et serait hors de danger. Elle devra néanmoins attendre un à trois mois pour un prochain contrôle. « C’est méchant car ma sœur a payé à la place de ma femme car c’était elle, la cible. Contrairement à ce que les gens disent, ce n’est pas le pouvoir mais les gens au sein du pouvoir qui pensent que tout leur est permis et que le ciel ne tombera pas », a-t-il conclu. Nancy France Loutoumba Légendes et crédits photo :Photo : Elie Smith |