SNDE : Face à la fronde syndicale, le DG calme les ardeurs

Lundi 29 Août 2016 - 14:45

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Alors qu’une lettre adressée par le Collectif des syndicats d’entreprise défraie la chronique à la Société nationale de distribution d’eau (SNDE), le directeur général, Louis Patrice Ngagnon, abordé par notre rédaction, a invité tous les agents à ne pas perdre de vue l’essentiel : la vie de l’entreprise et les attentes des clients.

Faisant référence à la situation difficile dans laquelle se trouve l’entreprise publique qu’il dirige depuis deux ans, M. Ngagnon a convié les agents, et notamment les responsables syndicaux, à mettre l’intérêt général au-dessus des intérêts personnels.

« La jarre est percée, il faut que chacun apporte du sien pour boucher les trous. Je les invite à la conciliation, à penser entreprise d’abord, à penser au plus grand nombre des Congolais, à penser travail, car il faut beaucoup d’efforts pour redresser la situation de la SNDE », a-t-il lancé.

En effet, dans une lettre datée du 22 août, le Collectif des syndicats de la SNDE, voulant ainsi répondre à un état des lieux de l’entreprise présenté le 11 août par le directeur général, adressait un sévère réquisitoire à ce dernier. Les signataires taxaient notamment leur DG « d’une incapacité notoire à redresser l’entreprise ».

Pêle-mêle, les syndicats accusaient la direction générale « de travaux fantaisistes et des actions non budgétisées aux coûts exorbitants ». Dans sa réaction suscitée par Les Dépêches de Brazzaville, le directeur général, d’un ton calme, fustige un déni de responsabilité de la part des signataires qui non seulement sont représentés et associés aux grandes décisions (Conseil d’administration), mais également ont assumé des responsabilités à plusieurs niveaux de la société.

« L’eau est un secteur sensible et ce genre de réactions ne pouvaient se justifier que si on avait commencé à dialoguer sans trouver de compromis ; on pouvait alors dire que le dialogue est rompu », s’est indigné le DG qui a surtout expliqué que la situation de cette entreprise est aussi le fait d’erreurs de gestion dans le passé.

La SNDE, a-t-il expliqué, a une tare congénitale, avec 1350 agents qui consomment environ 60% du chiffre d’affaires. Ce déséquilibre est le fait, selon nos informations, d’un recrutement d’environ 400 agents, en 2012 et 2013, sans expression de besoins, ni approche rationnelle. De ce que l’on sait, ce personnel n’est aussi le point fort de la SNDE, puisque les clients sont témoins d’actes répréhensibles répétés. De même que sont déplorés un absentéisme et un manque de performances qui pourraient justifier les importants manquements dans la délivrance et le recouvrement des factures auprès des clients.

« J’ai toujours demandé aux partenaires sociaux d’apporter des propositions sur des choses essentielles. Entre autres, comment faire pour recouvrer les 17 milliards qui trainent chez les clients ? Comment mobiliser les équipes, les rendre plus engagées ? Mais, je ne sens aucun frémissement jusque-là. », estime le DG.

Pourtant, si tout ne marche pas pour le mieux, la SNDE semble recenser quelques avancées dans sa gestion : les états financiers qui n’ont plus été présentés depuis dix ans sont en passe d’être régularisés ; du fait d’une gestion de plus en plus tracée, des partenaires, dont l’Etat, appuient l’entreprise notamment en allégeant le poids de la dette sociale ; l’évaluation des cadres se fait sur la base de contrats de performance, etc.

De l’avis des syndicalistes, « les encaissements mensuels qui oscillent autour de sept-cents millions de francs CFA ont connu une évolution sensible, atteignant neuf-cents millions au mois d’avril 2016, du fait de la forte mobilisation du personnel ». Autant d’indices autorisent à penser que pour la SNDE, le redressement tant attendu doit aussi passer par le travail, la discipline et le dialogue.

La Rédaction

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