Formation qualifiante et emploi : deux défis majeurs à relever pour les pouvoirs publicsJeudi 1 Septembre 2016 - 16:30 Les résultats de l’Enquête sur la transition vers la vie active (ETVA) Congo 2015 présentés le 31 août à Brazzaville, au cours d’un atelier national, recommandent au gouvernement de mettre en œuvre une politique conséquente pour la résolution de la problématique de l’emploi des jeunes
Le ministre de l’Enseignement technique et professionnel, de la Formation qualifiante et de l’Emploi, Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint Eudes, s’est réjoui du fait que cette étude est présentée au moment où le gouvernement se penche sur la question de l’emploi et de la lutte contre la pauvreté. Ceci à travers le Plan national de développement (PND) 2017-2021. En effet, selon cette enquête, 0,7% de jeunes étudiants aimeraient travailler dans le secteur agricole ; 0,4% de jeunes chômeurs s’intéressent au secteur agricole ; 33,8% des jeunes employés ont un niveau secondaire général contre seulement 6,4% qui ont un niveau secondaire technique. Le taux de chômage des jeunes ayant un niveau secondaire technique est deux fois plus élevé (48,8%) que celui des jeunes ayant un niveau secondaire général (22,5%). Les conclusions de cette étude permettront, a rassuré Antoine Thomas Nicéphore Fylla Saint Eudes, au ministère en charge de la Formation qualifiante et de l’Emploi et à celui de la Jeunesse d’élaborer une politique nationale de l’emploi conséquente et surtout en adéquation avec les réalités congolaises. « En effet, l’ETVA présente une photographie très intéressante de l’emploi et du chômage des jeunes au Congo. Les diagrammes illustrent bien que 2,5% des jeunes entre 15 et 29 ans n’ont jamais été scolarisés et 17,2% ne sont plus dans le système éducatif. Le taux de chômage des jeunes de 15 à 29 ans est de 30,5% avec une forte proportion dans le milieu urbain 39% que dans le milieu rural 11,7% », a-t-il expliqué. Réformer en profondeur le service public de l’emploi au Congo D’après ce document, le chômage des jeunes peut être qualifié de longue durée car 31% d’entre eux recherchent désespérément un emploi depuis plus de deux ans. La recherche de l’emploi s’appuie principalement sur le cercle familial et les amis. Peu s’inscrivent dans une agence de l’emploi (7,7%). C’est ainsi que le gouvernement a souligné la nécessité de réformer en profondeur le service public de l’emploi au Congo. « Comme on peut le constater à travers ces quelques données statistiques, d’importants défis se présentent au gouvernement. Il s’agit de consolider les acquis issus de cette importante étude et d’analyser sans état d’âme les résultats obtenus. Si l’étude a porté sur les jeunes de 15 à 29 ans, donc sur la demande d’emploi, il demeure essentiel et urgent de poursuivre la deuxième partie concernant l’offre d’emploi pour que l’étude soit complète sur le marché du travail », a reconnu le ministre en charge des questions de l’emploi des jeunes. Ainsi, pour une meilleure conduite des politiques économiques et sociales, le gouvernement s’est engagé à suivre l’évolution et le comportement du marché du travail, non pas de façon épisodique, mais au moins tous les deux ans. Il a enfin souligné le défi majeur de la budgétisation conséquente des enquêtes statistiques sur l’emploi et le déblocage effectif des fonds y afférents. Car la statistique constitue, d’après lui, un important investissement pour le développement. Rappelons que l’ETVA est une initiative de l’Organisation internationale du travail (OIT) avec le partenariat de Master Card. Réalisé auprès des ménages, spécifiquement pour les jeunes de 15 à 29 ans, ce projet a permis de conduire des enquêtes dans 34 pays dont dix d’Afrique subsaharienne (Zambie, Togo, Benin, Liberia, Tanzanie, Malawi, Ouganda, Madagascar, Sierra Leone et le Congo. Au Congo, elle a été réalisée dans le cadre du projet « Work 4 Youth » du BIT. Commentant les résultats de cette enquête, la représentante du BIT à cette cérémonie, Lemar Yonca Gurbuzer, a indiqué qu’il faut se pencher sur la manière de changer les mentalités des jeunes congolais qui sont encore fixés sur l’idée de travailler dans la Fonction publique. « Car similairement près de 58% des jeunes actuellement scolarisés aimeraient travailler dans la Fonction publique. Combien de jeunes diplômés intègrent la Fonction publique chaque année ? Pas beaucoup, je suppose », a-t-elle conclu. Parfait Wilfried Douniama Légendes et crédits photo :Présidium des travaux ; une vue des participants ; crédit photo Adiac Notification:Non |