Expropriation : colère chez les acquéreurs des terrains de Kintélé

Lundi 22 Septembre 2014 - 17:45

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Après deux ans d’attente, les propriétaires des terrains situés dans les banlieues de Kintelé et Manianga, au nord de Brazzaville, ont manifesté leur mécontentement par un concert de casseroles. C'était le 22 septembre devant le siège de la délégation générale aux Grands travaux. 

«Nous revendiquons notre indemnité juste et préalable», pouvait-on lire sur les pancartes que brandissaient ces manifestants lors de la rencontre du 20 septembre sur le site du stade de Kintélé en construction. Motif :  le retard accusé par l’État pour le payement de leur indemnité suite à l'occupation des parcelles anciennement situées sur l'actuel site qui abrite le complexe sportif olympique et la cité de la culture de Kintelé dans le district d’ignié, département du Pool.

Surchauffés, ces acquéreurs ont brandi l’arrêté n°18244 du 24 décembre 2012 publié dans le Journal officiel.  Les articles 3, 4 et 5 de ce document stipulent que « Les propriétés concernées par les travaux feront l’objet d’une expropriation pour cause d’utilité publique. Elles seront incorporées au domaine de l’État...ils percevront une indemnité compensatrice juste et préalable. La présente déclaration d’utilité publique est valable pendant deux ans et l’expropriation doit se réaliser au plus tard dans un délai de douze mois ».

Menace sur le stade de Kintélé

D’après ces femmes et hommes en colère, la liste des propriétaires des parcelles à exproprier  n'a jamais été publiée malgré l’enquête parcellaire faite par les services de cadastre. «Nous sommes environ 8000 acquéreurs qui attendons l’indemnisation. Tant que rien ne sera fait,n nous irons habiter au stade pour empêcher la poursuite des travaux », ont-ils indiqué. Pour les uns, l’État ne doit pas continuer à les faire souffrir car ils ont perdu leurs enfants, leurs parents et biens pendant la tragédie du 4 mars. «Nous ne sommes pas contre les réalisations de l’Etat qui se font dans le pays. Mais l'État doit nous prendre en compte pour apaiser notre désolation », s’est exprimée une mère de neuf enfants, retraitée et âgée de 60 ans. « Nous demandons au président de la République d’intervenir lui-même si non cette fois-ci nous repartirons avec toutes nos familles et nos nattes pour nous installer définitivement au site du stade en construction », ont  promis ces acquéreurs.

À Brazzaville, les dossiers relatifs à l’expropriation pour cause d’utilité publique s’enlisent de plus en plus. Outre, les occupants du stade de Kintélé, l’on compte encore ceux du site Université Denis Sassou N’Guesso de Kintélé et les occupants du bas-fond du CEG Antonio Agostinho Neto, dans le sixième arrondissement de Brazzaville, où va passer l’échangeur de la corniche.

Lydie Gisèle Oko

Légendes et crédits photo : 

photo: les manifestants (crédit-adiac)