Éducation : l’encadrement des enfants vivants avec handicap interpelle

Samedi 27 Décembre 2014 - 16:46

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L’institut des jeunes sourds de Brazzaville a organisé le 23 décembre une soirée de bienfaisance au profit des enfants vivant avec un handicap de surdité. Elle a été une occasion pour Nazaire Dianbindama de lancer un cri de cœur face à l’état de délabrement et au manque du personnel qualifié auquel fait face cette école.

Après  l’exécution de l’hymne national congolais, brillamment interprété en langage des signes par un échantillon d’enfant de cette école, un documentaire poignant sur la surdité des enfants au Congo a été projeté. Ce film relève entre autre l’état de délabrement avancé de l’institut des jeunes sourds et l’absence du matériel didactique dans cet établissement. 

L’institut des Jeunes sourds a été créé en 1971 par André Marie Ganga, frère de la congrégation de Saint Gabriel. À l’issue d’un séminaire de formation à Bordeaux en France.  Il rentre au Congo et est frappé par les conditions d’abandon qui sont offertes aux jeunes congolais. L’institut ouvre ses portes dans les locaux prêtés par les sœurs de Cluny à l’actuelle école de Javouhey. C’est en 1974 avec la perspicacité du frère gabrieliste que le président Marien Ngouabi indique le site actuel aux autorités ecclésiales pour ouvrir l’institut des jeunes sourds de Brazzaville. Il a démarré avec dix-sept élèves qu’il a fallu aller chercher dans les familles. Lorsque l’institut s’installe à la patte d’oie, il compte 36 élèves. 

Mais avec les évènements sociaux politiques que le  Congo a connus, l’institut des jeunes sourds n’a plus jamais été réhabilité. Cet institut va souffrir dans la formation de ses cadres. Jusqu’en 1998, cent trois enseignants spécialisés sont formés à l’école normale supérieure y dispensaient des cours pour Brazzaville et Pointe-Noire.  Il ne reste plus que douze enseignants en activités car la filière qui formaient ses professeurs à  l’université Marien Ngouabi n’existe plus. «  Nous lançons un cri de cœur les enfants du CP qui n’ont pas d’enseignant formés. Le handicap de surdité touche tout le monde car selon l’âge, on peut devenir sourd. Ces enfants doivent être soutenus et réconfortés. Cet établissement comptait cent cinquante élèves en 1984 et au début des années 2000, il y en avait près de trois cent cinquante », a lancé le directeur.

À la fin de cette soirée, une collecte de fonds a été organisée afin de soutenir cet établissement qui participe à la formation et à l’insertion des jeunes sourds.

 

Hermione Désirée Ngoma