Droits de l’Homme : l’Asadho soutient la nouvelle campagne pour l’abolition de la peine de mort

Mercredi 4 Novembre 2015 - 16:45

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Pour le président de l'ONG, Jean-Claude Katende, cette action vise à remettre la question sur la table de discussion et à l’y maintenir en permanence.

La conférence de presse tenue le 4 novembre au siège de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (Asadho) a permis au président de l'ONG, Me Jean-Claude Katende, de partager les points forts et les opinions dégagées par les experts et les perspectives autorité de la question de la nouvelle campagne sur l’abolition de la peine de mort, lancée par cette association.

Justifiant cette action, le président de l’Asadho a notamment souligné que pour son organisation, qui va vers ses trente ans d’existence, a été sur tous les terrains pour défendre les droits de l’Homme. Soulignant que le plus important de ces droits est le droit à la vie, Jean-Claude Katende a noté que ce droit est menacé par plusieurs atteintes dont la plus cruelle reste et restera toujours la peine de mort. « Tant que la peine de mort existera dans la législation congolaise, l’Asadho sollicitera son abolition », a indiqué le juriste.

Pour Jean-Claude Katende, en effet, cette campagne n’est pas la première car plusieurs autres actions ont précédemment été menées dans cette optique. Les deux propositions de loi introduites, en 2010, à l’Assemblée nationale, respectivement par le Pr Nyabirungu et Mbata, proposant l’abolition de la peine de mort sont considérées par l’Asadho comme rentrant dans le cadre de ce combat. De l’avis de cette ONG  exprimé par son président, Jean-Claude Katende, le fait que ces textes ne sont pas adoptés signifie que le combat pour l’abolition de la peine de mort n’est pas encore gagné et que la question doit rester de façon permanente sur la table. « Même si nous n’obtenions pas l’abolition de la peine de mort dans un bref délai, cette question devra continuellement être remise sur la table en vue d’être discutée », a souligné Jean-Claude Katende.

Mettre en face les deux tendances

Dans cette optique, l’Asadho a mis en face les deux tendances soutenant et combattant l’existence de cette peine en RDC lors d’un atelier de deux jours organisé du 2 au 3 novembre à Kinshasa. Les participants à ces travaux ont notamment discuté sur les résultats d’une enquête menée auprès de la population, par l’Asadho, en vue de relever son opinion sur la peine de mort. Cet exercice a notamment permis, selon Jean-Claude Katende, d’identifier les acquis accumulés depuis que la campagne contre la peine de mort a commencé en RDC. « La Constitution de la RDC a consacré le caractère sacré de la personne humaine, nous avons identifié les pactes internationaux qui ont été ratifiés par la RDC ainsi que l’engagement de la société civile pour l’abolition de la peine de mort », a-t-il expliqué.

En plus de relever d’une manière claire les opinions des Congolais sur la peine de mort, cet atelier a également permis la mise en place d’un groupe de travail pour que, de manière régulière, les discussions de la peine de mort soient maintenues de manière continue. Par contre, pour le président de l’Asadho, certains défis restent à surmonter. Il s’agit notamment de l’absence du débat public autour de la question de la peine de mort et le fait que la population ne comprend pas encore le pourquoi du plaidoyer pour l’abolition de cette peine de mort. Pour conclure son propos, le président de l’Asadho n’avait pas hésité de proposer des peines de substitution qui préserveraient la vie humaine et son caractère sacré dont, par exemple, la prison a perpétuité.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Me Jean Keba et Jean-Claude Katende lors de la conférence de presse/Photo Adiac

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