Joseph Kignoumbi Kia M’Boungou : « Nous nous trouvons à un moment charnière de la vie politique nationale »

Mercredi 14 Octobre 2015 - 16:45

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Le président national de l’Association « La Chaine », Joseph Kignoumbi Kia M’Boungou, a lancé le 14 octobre un appel à l'endroit de la classe politique congolaise à préserver la paix en cette période dominée par le débat sur le référendum constitutionnel.

 

Pour l’essentiel, il a appelé les acteurs  politiques à l’apaisement, affirmant au passage qu’il a pris le temps d’échanger avec les responsables de la majorité présidentielle et de l’opposition. Selon le conférencier les deux camps prêchent  la paix. Joseph Kignoumbi pense qu’il est nécessaire de revenir à la case de départ pour revoir les conclusions des différents dialogues depuis Ewo jusqu’à Sibiti afin d’améliorer la gouvernance électorale avant de convoquer un scrutin. Pour lui, la démarche politique actuelle est « suicidaire », parce qu’elle conduit à l’impasse. Dans la perspective de règlement de cette crise politique, il a cependant proposé de revenir sur « l’idéal républicain ».

Répondant à la question d’un journaliste sur le fait que la campagne référendaire est déjà engagée et le retour en arrière ne semble pas possible, le conférencier a répondu : « Le clou de ce cheminement forcé étant, aujourd’hui, l’appel au référendum pour que les Congolais se prononcent sur la nouvelle Constitution qui devrait consacrer dorénavant une nouvelle République. Au regard du contexte politique actuel, nous nous trouvons une fois de plus à un moment charnière de la vie politique nationale dont le cynisme de la majorité présidentielle trouve son opposition dans l’intransigeance des forces opposées au projet du référendum et du changement de la Constitution ».

Opposée au changement de la Constitution du 20 janvier 2002, Joseph Kignoumbi kia Mboungou a proposé une approche de solution à la crise politique actuelle en ces termes :  « Face à la crise actuelle, née de l’intrusion du débat sur le changement de  la Constitution, nous devons nous surpasser pour avoir l’intelligence collective qui nous permettra de mettre en perspective les conditions d’un consensus national pour régler pacifiquement cette contradiction majeure, dans l’intérêt bien compris de la classe politique et surtout du peuple congolais ».

"J'ai onscience des risques que nous faisons courir à notre pays"

Et de préciser : « La crise politique que nous vivons actuellement est  une crise de confiance des Congolais à l’égard des hommes politiques. Elle n'est en réalité que la conséquence d’un mal chronique, né des appétits du pouvoir et des intérêts particuliers des uns et des autres. De ce débat qui nous divise profondément, j’ai une haute conscience des risques que nous faisons courir à notre pays si nous ne faisons rien pour le sauver d’une dérive qui s’annonce malheureusement. Ne pas reconnaître cette évidence, c’est accepter d’être terrorisé par les mots ».

Pour le conférencier, la division politique actuelle peut se résorber sous deux conditions : la majorité doit cesser de développer une argumentation viciée pour manipuler l’opinion nationale et  reconnaître que sur la gouvernance électorale, les conclusions des consensus d’Ewo et de Dolisie ont été actées de nouveau au dialogue de Sibiti. « L’application à la lettre des recommandations sur la gouvernance électorale issues du dialogue de Sibiti, à savoir : la mise en place d’un comité de suivi des conclusions de Sibiti et la mise en place d’une commission électorale indépendante pérenne et jouissant d’une autonomie financière peuvent également concourir à l’apaisement », a-t-il conclu.

Notons que le président de La Chaine a fait son introspection en avouant qu’il tenait, il y a quelques années des discours sévères à l’égard du pouvoir actuel. « Par le passé, j’avais été très fougueux et agressif à l’égard du pouvoir actuel pendant les cinq premières années de ma présence comme député au Parlement. Mais aujourd’hui, avec la raison, le temps qui passe et l’expérience acquise, j’ai appris à maîtriser mes impulsions tout en restant foncièrement le même, sans me compromettre dans quelque arrangement que ce soit. Aujourd’hui comme hier, droit dans mes bottes, je sais et je dois toujours choisir où est l’intérêt du Congo ».

Josiane Mambou Loukoula

Légendes et crédits photo : 

Joseph Kignoumbi Kia M'Boungou lors de la conférence de presse

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