Réactions au message du chef de l’EtatMercredi 23 Septembre 2015 - 19:45
La cour constitutionnelle dans sa réponse ne précise pas s’il s’agit de révision ou de changement de la Constitution. Au lieu de parler de changement ou non de la Constitution, le président de la République utilise à dessein le concept d’évolution des institutions qui renvoie en réalité seulement à la révision de la Constitution et non à son changement. La Constitution du 20 janvier 2002 ne reconnait de compétence au président de la République en matière de référendum que lorsqu’il s’agit de révision constitutionnelle. Il n’est nulle part question de référendum pour le changement de la Constitution. Pour les forces politiques et sociales opposées au changement de la Loi fondamentale et favorables à l’alternance démocratique en 2016, la solution de la crise politico-électorale actuelle passe par un compromis entre le dialogue de Sibiti et de Diata pour construire ensemble les nouvelles règles de la gouvernance électorale. Le peuple congolais a besoin de sécurité, de bien-être politique, économique, social et culturel. Il dit non à un simulacre de référendum pour changer la Constitution, oui à une alternance démocratique et pacifique au moyen d’une élection présidentielle libre, transparente en 2016.
Elvis Okombi Tsalissan, président de l’Union pour un mouvement populaire : « C’est une bonne démarche » Ce message est une réponse aux décisions de Sibiti. Nous nous étions accordés sur l’évolution des institutions. La première étape c’est la mise en place d’une commission qui nous proposera un texte sur l’évolution des institutions. Donc avant que nous ne nous prononcions sur le référendum, nous allons d’abord adopter ce texte pour voir quelles sont les mesures nécessaires à intégrer pour que notre société évolue. C’est d’abord sur ça que nous allons statuer. Le référendum ne sera qu’une suite logique. Tout dépend du contenu du texte qui sera proposé. Si les populations congolaises constatent qu’il y a une évolution, il y aura une adhésion massive. Mais si les populations ne trouvent pas intérêt, elles n’y adhèreront pas. Il faut que tous les courants de pensées de notre pays se retrouvent de façon que nous ne puissions pas avoir un texte qui soit juridique au sens général, mais qui prenne en ligne de compte un certain nombre de désidérata de tous les courants de pensées. C’est une bonne démarche.
C’est un message qui nous amène à sourire parce que le président de la République a trituré les dispositions de notre Constitution et même la démarche a été biaisée. Donc ce n’est pas un évènement. Le président a l’obligation de défendre, de protéger la loi et donc à travers la loi, les Congolais. Il a dit qu’il a interrogé la cour suprême. Le rôle de la cour suprême n’est pas d’interpréter la loi constitutionnelle. La conformité de la loi c’est le problème de la cour constitutionnelle. Et même là, il a interrogé la cour constitutionnelle sur un domaine qui n’est pas celui que les Congolais attendaient parce qu’en matière référendaire, l’article qui convient c’est l’article 86 qui énumère les matières qui relèvent du domaine du référendum. Or, il interroge le juge constitutionnel sur les matières auxquelles il a déjà la réponse. Cela ressemble à une « distraction ». Juste Bernardin Gavet, Premier secrétaire de la Force montante congolaise : « Il ne faut pas faire obstruction à la démocratie » Le message du chef de l’Etat est une réponse que le peuple congolais attendait. Depuis plus de deux ans, le débat sur l’avenir institutionnel avait pris corps au sein de l’espace politique congolais. Autrement dit, sur l’opportunité du changement de l’actuelle Constitution. Le débat a évolué. Le président de la République a convoqué le dialogue de Sibiti pour permettre aux acteurs d’harmoniser leur point de vue. Au-delà du décor politique nous avons vu que le président ne s’est pas contenté du consensus de Sibiti pour pouvoir appeler le peuple congolais à se prononcer. Les uns et les autres doivent à présent mobiliser leur base au lieu de faire obstruction à la démocratie, parce qu’aujourd’hui, il est évident que nous aurons deux opinions qui circulent au niveau des états-majors politiques. L’opinion qui est favorable au changement de la Constitution et celle qui est contre ce changement. La voix du peuple c’est celle qui se dégage par les urnes et donc en convoquant le référendum, le président de la République a redonné la parole au peuple. Josiane Mambou Loukoula Légendes et crédits photo :Photo 1: Elvis Okombi Tsalissan
Photo 2: Sidoine Giscard Madoulou
Photo 3: Juste Bernardin Gavet Notification:Non |