Tranche de vie racontée... : "J'ai laissé une jambe à Bangui", raconte LéonelleSamedi 15 Novembre 2014 - 19:49 19 ans, Léonelle est une réfugiée centrafricaine. " Elle n'avait jamais quitté Bangui, sa ville natale. À dix neuf ans, elle a voyagé pour la première fois, oui mais sur une seule jambe ! Avant cela, elle avait quitté ses études pour fuir les viols des milices de la Seleka commis dans les classes de son lycée. La capitale est à feu et à sang et c'est au marché que Léonelle trouve refuge en aidant sa mère dans son petit commerce. Et puis, il a fallu qu'elle tombe malade, qu'elle reste quelques jours à la maison. Ce jour où sa vie bascule elle est seule ou presque. Pas tout à fait seule, il y aussi son petit-frère Jordi qui joue près d'elle, il y a surtout cet enfant qu'elle porte dans son ventre depuis six mois. Le futur papa s'appelle Arnault. Ce jour-là, il est ailleurs, ce jour maudit où trois musulmans armés entrent dans la maison. Et c'est Arnault qu'ils cherchent… Et c'est la maison qu'ils fouillent…
Pour oublier la crise sécuritaire, un camion de fortune emporte alors la jeune maman et l'enfant. Avec eux : Ghislaine, la mère de Léonelle, Jordi le petit-frère. Le frère aîné aura eu moins de chance et laissé sa vie à Bangui dans cette guerre civile, un autre frère et une soeur ont réussi à fuir à Brazzaville. Le camion de fortune s'arrête à Betou, extrême Nord de la République du Congo. Réfugiée au camp du 15 avril, Léonelle doit reprendre la "marche" de sa vie avec de vieilles béquilles de bois, elle qui aimait danser la rumba. Lylian, psychologue à l'UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) l'aide à vaincre ses incessants cauchemars, l'encourage à sourire et sourire encore et toujours à son bébé. Léonelle aimerait reprendre ses études, là où elle les avait laissées, en classe de seconde. Mais pas avant de se sentir une élève comme les autres, du moins en apparence, car elle n'a plus qu'un seul rêve : une prothèse ! Après 9 mois passés à Betou son rêve s'apprête à devenir réalité. L'antenne Congo Brazzaville de l'UNFPA, qui lui porte assistance dans son rôle de femme et de mère, a pris toutes les
Nota : depuis le début de la crise sociopolitique qui a déstabilisé la RCA en décembre 2012, des dizaines de milliers de personnes ont été forcées de fuir le pays pour trouver refuge dans les pays voisins, dont la République du Congo. Dans ce contexte, intervient l’UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) en faveur des femmes, dans le but de participer à la réduction du niveau élevé de risques de morbidité et de mortalité maternelle auxquels peuvent être confrontées les filles et femmes en âge de procréer qui, vivant leur sexualité dans un environnement non maîtrisé et souvent avec des moyens financiers limités, sont exposées à des grossesses précoces ou non désirées mal suivies, voire à des avortements et accouchements risqués, aux contaminations aux IST/MST/VIH-SIDA et aux violences sexospécifiques.
Philippe Édouard, en collaboration avec le FNUAP |