Genre : « la recherche interdisciplinaire devient une nécessité pour un développement humain », selon Catherine Embondza Lipiti

Lundi 27 Octobre 2014 - 20:00

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La ministre de la Promotion de la femme et de l’Intégration de la femme au développement l’a dit à l’ouverture des premières journées scientifiques du Centre de recherche, d’information et de documentation sur la femme (CRIDF) qu’elle organise les 27 et 28 octobre à Brazzaville, en partenariat avec l’Unesco et CERED-LG.

Les chercheurs, enseignants chercheurs et autres acteurs tant des administrations publiques que de la société civile sont réunis sur la thématique : « La recherche du genre : quelle pertinence ? Quelles  pistes ? » À travers ce thème principal, les participants vont pendant deux jours, suivre des communications, portant entre autres, sur la pertinence et les pistes de la recherche sur le genre ; la problématique genre et construction de la paix dans la Région des Grands lacs ; le genre et la gouvernance.

Selon la représentante de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) au Congo, Ana Elisa de Santana Afonso, le thème choisi se rapporte aux priorités globales de cette agence onusienne : « l’Afrique et l’égalité de genres. » En effet, l’Unesco a adopté sa stratégie sur l’égalité des genres 2014-2021 qui se propose à : développer la recherche et la formation sur l’égalité de genres, à travers les Centres de recherche pour faire face au manque de données ; prévenir la violence à l’égard des femmes grâce à la recherche/action ; promouvoir des images positives sur le genre ; développer des capacités pour l’autonomisation et le leadership des femmes.

Cette table-ronde doit se pencher, a-t-elle rappelé, sur la production, la diffusion et le partage de connaissances sur l’égalité des genres dans tous les domaines d’activités en République du Congo. » Elle devrait aussi se pencher sur la participation des femmes dans la production des savoirs féminins. « La science et la recherche au féminin sont en réalité l’ambition de cette rencontre. Je suis fermement convaincue que cet objectif est également partagé par le ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation technologie et les ministères en charge de l’éducation qui visent le renforcement des capacités des jeunes filles et femmes en sciences, mathématiques et le développement d’une culture scientifique », espère Ana Elisa de Santana Afonso.

Présidant la cérémonie, Catherine Embondza Lipiti a rappelé que l’organisation des premières journées scientifiques du CRIDF répondaient, entre autres, aux recommandations de la session du Conseil d’administration du Centre régional de recherche et de documentation sur les femmes, le genre et la construction de la paix dans la région des Grands lacs (CERED-LG), tenue du 17 au 19 mai 2013 à Kinshasa.  D’après elle, la dimension du genre en science et en technologie est devenue actuellement l’un des sujets les plus importants et les plus débattus dans le monde entier. Malheureusement, a-t-elle regretté, la recherche scientifique reste le maillon faible du continent africain. « La faiblesse ou encore l’inexistence des données fiables sur la contribution des hommes et des femmes constitue un frein dans l’élaboration des politiques pour un développement équitable et humain durable. Et pourtant, la prise en compte du genre dans le processus d’élaboration, de mise en œuvre et d’évaluation des politiques nationales serait un élément primordial dans le processus de prévention des conflits et de reconstruction post-conflit dans nos nations ainsi que dans la Région des Grands Lacs », a déclaré la ministre de la Promotion de la femme.

La ministre a indiqué, au sujet du Congo, que la transversalité du genre dans le Plan national de développement 2012-2016, démontre que la recherche interdisciplinaire devient une nécessité pour un développement humain. « L’avenir du continent africain dépend en partie de la vigilance d’intellectuels et chercheurs que vous êtes sur la manière dont le débat sur les relations de genre et mené ainsi que sur la délimitation du domaine de recherche, l’évaluation de la méthodologie et la formation des spécialistes en genre. La recherche scientifique doit servir le développement», a conclu Catherine Embondza Lipiti.

Parfait Wilfried Douniama

Légendes et crédits photo : 

Catherine Embondza Lipiti ; les participants ; crédit photo Adiac