Tirs d'obus sur Goma: Kinshasa accuse Kigali
Plus incisif dans ses conclusions, le porte-parole du gouvernement a laissé entendre que ces attaques sanglantes visaient délibérément la population civile de Goma. Pour lui, il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il s’agit là d’un « crimes de guerre et crime contre l’humanité au sens du droit international ». Et le gouvernement congolais d’inviter les Nations unies et la Cour pénale internationale (CPI) à les traiter comme tels en tirant toutes les conséquences qui s’imposent. C’est dire que Kinshasa ne fait plus la langue de bois estimant que Kigali en fait un peu trop. Lambert Mende évoque même « une stratégie préméditée » du Rwanda qui ne trompe plus personne. « Nous sommes tristes de devoir constater que la déstabilisation systématique du Kivu et la balkanisation de la RDC restent bel et bien à l’agenda de certains cercles à Kigali en dépit des engagements en sens contraire pris lors des rencontres internationales par nos collègues de ce pays voisin », a-t-il déclaré. Réponse du berger à la bergère Côté rwandais, on rejette comme d’habitude toutes ces accusations. L’on s’est même empressé d’attribuer ces attaques aux Fardc qui, selon les termes d’un communiqué publié à Kigali, « ont délibérément tiré à la roquette au-delà de la frontière commune en territoire rwandais ». Le communiqué lu par le porte-parole des Forces de défense du Rwanda rapporte que « les bombes qui provenaient d’un propulseur de 107 mm sont tombées sur le village de Bugu, dans le quartier de Busigari en secteur de Cyanzarwe du district de Rubavu vers 13 heures jeudi ». Le gouvernement rwandais qualifie ces bombardements d’acte de provocation tout en demandant au mécanisme conjoint élargi de vérification de visiter le secteur pour vérifier les faits. À tout prendre, l’on revient une fois de plus sur des rhétoriques déjà entendues. Pour Lambert Mende Omalanga, les concertations nationales trouvent ici tout leur sens parce que s’inscrivant « dans un effort d’affermissement de la cohésion de la Nation congolaise pour faire front à un projet de balkanisation qui ne se cache plus ». Alain Diasso Légendes et crédits photo :Les Gomatraciens" redoutent une nouvelle incursion des rebelles du M23 dans leur ville |