Soudan : vers la cessation des hostilitésÀ l’issue de plusieurs jours de discussions, les plus importants groupes rebelles soudanais ont signé une feuille de route, sous l'égide de l'Union africaine, pour mettre fin à des années de conflit dans les régions du Darfour, du Nil Bleu et du Kordofan-Sud. « La priorité est d'arrêter les guerres et de fournir de l'aide humanitaire aux gens affectés par les combats. Le peuple soudanais attend avec impatience un processus de paix global », a indiqué dans un communiqué l'Appel du Soudan, une alliance regroupant plusieurs groupes rebelles et des partis d'opposition. Le parti du Congrès national du président Omar el-Béchir a également salué, dans un communiqué, la signature de la feuille de route par les rebelles. Ce document est censé ouvrir la voie à la négociation d'un cessez-le-feu permanent et doit aussi permettre de trouver les moyens de fournir une aide humanitaire aux régions concernées. « Ce qui est arrivé hier est une étape positive en vue d'une solution globale et pacifique à la crise au Soudan. Nous allons maintenant débuter des négociations directes pour un cessez-le-feu au Darfour, au Kordofan-Sud et au Nil bleu », a déclaré mardi à l'AFP, Jibril Bilal, porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), un groupe rebelle signataire. La signature de la feuille de route par les rebelles, soutenue par Washington, l'Union européenne et les pays de la région, est cependant vue avec scepticisme par les experts. « Il ne s'agit pas d'un accord final, mais plutôt d'un cadre procédural sur la façon de poursuivre de futures négociations. Je ne pense pas que ces négociations déboucheront sur une solution à la crise au Soudan dans la mesure où, tenues sous la pression internationale, elles ne s'attaquent pas à la racine des problèmes. Les rebelles combattant au Darfour (ouest), Kordofan-Sud et Nil Bleu (sud) se plaignent d'être marginalisés par Khartoum sur les plans économique et politique », a indiqué Khalid Tigani du journal Elaff. Des dizaines de milliers de personnes ont été tuées et des millions déplacées, ces dernières années, dans ces régions où des groupes ethniques minoritaires se sont soulevés contre le régime du président, dominé par les Arabes. Lors des négociations en mars à Addis-Abeba en Éthiopie, le gouvernement soudanais avait signé une feuille de route mais les principaux groupes rebelles avaient refusé d'apposer leur signature, ayant des réserves sur un certain nombre de points Josiane Mambou Loukoula |