Les Dépêches de Brazzaville



Corruption et concussion: les évêques interpellent la justice congolaise


La dénonciation de la corruption et la concussion vient en soutien à d’autres démonstrations présentées par les évêques du Congo comme faisant partie des « origines du mal de notre pays et des perspectives de sortie de crise ». Ainsi sont-ils remontés deux-trois ans en arrière pour rappeler les dissensions ayant opposé les acteurs politiques au moment de l’adoption de la nouvelle Constitution, le 25 octobre 2015, ou encore la crise du Pool qui a éclaté le 4 avril 2016.

Déclinée en plusieurs points, la déclaration des évêques du Congo revient à la fois sur la crise économique, les rapports entre le Congo et ses partenaires financiers extérieurs pour s’achever sur un appel au dialogue et à la réconciliation nationale. Pour les hommes d’église, la création d’un corps indépendant de magistrats et d’autorités morales ainsi que d’un corps d’auditeurs généraux pourrait aider à réprimer la corruption.

Sur la crise du Pool, les évêques estiment qu’à l’accord de paix de Kinkala (signé le 23 décembre 2017, ndlr), doit être associée l’exigence de vérité sur les origines de celles-ci : « Le peuple a le droit de savoir ce qui s’est passé : les causes et les conséquences, mais surtout les responsabilités des uns et des autres ». Ils ne s’avancent pas plus loin pour interpeller, par exemple, les parties concernées.

Les évêques s’adressent au gouvernement et aux personnes en responsabilités afin qu’ils se concertent pour « fonder une vie politique pérenne et stable ». Ils voudraient voir des hommes et des femmes de bonne volonté aller à la rencontre de leurs concitoyens afin de « discuter avec respect et tolérance de l’avenir du pays », incitent les jeunes à s’engager « avec rigueur à leurs études et au travail productif ».

À la lecture de cette déclaration, se dégage néanmoins le sentiment que malgré la pertinence des sujets développés et l’intrusion plausible des hommes d’église dans le débat socio-politique et économique, celle-ci fait peu de cas des évolutions observées dans le traitement par les pouvoirs publics de certains de ces sujets. Alors, en effet, que la session criminelle ouverte courant la fin du mois de mars est censée se pencher sur les dossiers des personnes détenues pour des faits de droit commun comme l’entendent les chefs d’accusation, les évêques invitent « à libérer toutes les personnes en prison à la suite de contentieux politique ».

 

 


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