Bassin du Congo : la RDC refuse de signer le protocole instituant le Fonds bleu
À en croire José Makila, en effet, la RDC s’est opposée à certaines questions évoquées lors de ces travaux de Brazzaville dont celle du transfèrement des eaux du fleuve Congo vers le lac Tchad et celle de la gestion commune des tourbières. Des sources proches de la délégation congolaise, l'on apprend que les observations émises sur le texte avant sa signature n'ont pas été prises en compte. Ce qui aurait motivé la position adoptée par la RDC de ne pas le signer. La RDC devrait piloter cette affaire Pour José Makila, quand on parle Bassin du Congo, c’est d’abord la RDC qui renfermerait les 90 % des forêts et 90 % des eaux. Donc, selon lui, le Bassin du Congo comme organisation ou comme commission ne pourra pas fonctionner si la RDC n’est pas entièrement impliquée dans tout ce qui doit se faire. « Nous avons constaté qu’il y a eu des discours qui ne nous ont pas plu. Moi, je ne suis pas diplomate, je dis les choses telles qu’elles sont, mais on ne saura rien faire sans que la RDC puisse mettre du sien dedans puisqu’après tout, nous avons 90 % », a-t-il averti. Cette position adoptée fait suite à celle soutenue, la veille, par le ministre chargé de l’Environnement, Ami Ambatobe. Celui-ci avait, lui aussi, proposé que la RDC soit prise en compte en priorité car « elle regorge à elle seule environ 40% de ressources en eau du bassin du fleuve Congo, considéré comme le deuxième poumon écologique de la planète ». Le ministre de l'Environnement estimait lui aussi que son pays doit jouer un rôle important et primordial dans la gestion des ressources en eau du Bassin du Congo. « Les attentes de la RDC sont telles que nous devons jouer un rôle important, primordial, étant donné que lorsqu’on arme des ressources en eau au niveau du Bassin du Congo, la RDC, à elle seule, en a plus de 40%. Nous occupons donc la toute première place et donc en termes des défis et des besoins, on doit d’abord prendre en compte la RDC », avait soutenu le ministre Ami Ambatole. La machine serait donc bloquée quand la RDC, qui s’attend à être gérée d’une certaine façon, a fait part de ses préoccupations à ses pairs de cette commission et que ses desiderata n’ont pas été pris en compte. Le Fonds bleu pour le Bassin du Congo, note-t-on, est un fonds international de développement qui vise à permettre aux États de la sous-région du Bassin du Congo de passer d’une économie liée à l’exploitation des forêts à une économie s’appuyant davantage sur les ressources issues de la gestion des eaux, notamment celle des fleuves. Les projets du Fonds bleu portent, entre autres, sur l’amélioration des voies navigables, la construction de petits barrages hydroélectriques, le renforcement des systèmes d’irrigation ou encore le développement de la pêche. Il devrait permettre de subventionner des projets de préservation de cette région, à hauteur de cent millions d'euros chaque année. Le sommet de Brazzaville avait comme objectif de mobiliser les bailleurs internationaux pour le rendre opérationnel. À la clôture de ces travaux, le chef de l’État, Denis Sassou N’Guesso, en sa qualité de président de la Commission du Bassin du Congo, a, par ailleurs, invité les acteurs concernés par le Fonds bleu à plus de mobilisation et de détermination. Lucien Dianzenza Légendes et crédits photo : Le décor du sommet de Brazzaville |