Diplomatie : la RDC menace de répondre au coup par coup à la Belgique

Jeudi 25 Janvier 2018 - 14:30

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Une note verbale non référencée qui émanerait du ministère congolais des Affaires étrangères et intégration régionale fait part des intentions du gouvernement de fermer, dans un délai bref, la Maison Schengen à Kinshasa, en réponse à certaines positions prises par le royaume belge sur la situation qui prévaut au Congo-Kinshasa depuis un certain temps.

 

Le gouvernement congolais justifie sa position par les déclarations des responsables de la politique extérieure belge des 4 et 10 janvier « de suspendre la coopération bilatérale d’État à État avec la RDC et de réaffecter le financement disponible à l’aide humanitaire ». Dans son document qui circule sur le net, le ministère congolais des Affaires étrangères et intégration régionale a également signifié au gouvernement belge que la Nouvelle agence belge de développement (Enabel) n’avait plus de raison d’être en RDC, tout en lui demandant de tirer toutes les conséquences qui s’imposent. Enabel, anciennement Coopération technique belge, rappelle-t-on, est, depuis le 1er janvier en cours, le nouveau nom de l’agence chargée de la mise en œuvre des programmes de développement de la coopération belge.

Une nouvelle dégradation des relations Belgique-RDC

Il est noté que la décision du gouvernement congolais intervient dans un contexte de tension entre Bruxelles et Kinshasa, notamment à la suite de la répression de marches pacifiques en RDC, du 31 décembre et 21 janvier, ainsi que des restrictions imposées à certaines libertés publiques qui font objet des critiques sur le plan international. Dans cette situation des relations très tendues, après avoir décidé de suspendre sa coopération militaire avec le Congo, la Belgique s’est également résolue, il y a peu, d’arrêter son intervention en faveur du gouvernement de Kinshasa. La Belgique, par les voix des ministres des Affaires étrangères et de la coopération au développement, Didier Reynders, et Alexander De Croo, avait annoncé, le 10 janvier, une révision de sa coopération, précisément son aide financière au gouvernement congolais, en réorientant vingt-cinq millions d’euros « au profit de l’aide humanitaire et d’autres initiatives répondant aux besoins les plus pressants de la population ».

L’ancienne puissance coloniale a décidé de mettre cette enveloppe à la disposition des ONG congolaises. Une situation que le gouvernement congolais avait minimisé, en faisant remarquer, par son porte-parole, que « la RDC n’avait pas besoin d’une aide quelconque de la Belgique pour assurer son développement ». Mais Kinshasa avait promis d'y répondre par « des mesures appropriées », en utilisant « la voie diplomatique », par le biais d’une communication au Conseil des ministres de Léonard She Okitundu, ministre des Affaires étrangères.

Pour des observateurs, si l’envoi de cette lettre, non référencée, se matérialisait, cela signifierait une nouvelle dégradation des relations, déjà tendues, entre Bruxelles et Kinshasa.

La Maison Schengen à Kinshasa, souligne-t-on, est un centre commun de réception des demandes de visas pour le compte de plusieurs pays européens. Cette coopération entre plusieurs États Schengen a été créée comme initiative belgo-portugaise, cofinancée par le Fonds pour les frontières extérieures de l’Union européenne. Elle est dirigée par la Belgique et opérationnelle depuis le 5 avril 2010. La Maison Shengen était devenue le passage obligé pour obtenir un visa d’entrée sur les territoires des vingt-six pays membres de l’espace Schengen, dont la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, le Portugal, l’Autriche, la Finlande, le Luxembourg et Pays-Bas, etc.

Lucien Dianzenza

Légendes et crédits photo : 

Photo 1: La maison Schengen à Kinshasa/photo tiers Photo 2: La note qui circule sur le net

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