Conférence de Milan sur la paix comme "valeur-refuge"Samedi 15 Novembre 2014 - 14:30 Pendant deux jours, vendredi et samedi, la capitale économique italienne a accueilli des discussions sur comment faire de l’immigration un atout pour la paix. "La paix, facteur de développement". C’est le thème autour duquel a gravité une conférence de deux jours ouverte vendredi dernier à Milan, dans le cadre de la 6e édition de la Conférence mondiale des sciences pour la paix. Cette une oeuvre du cancérologue italien, le Pr Umberto Veronese pour qui la paix est un facteur essentiel pour le bien-être de l’homme. Les conférences interdisciplinaires ont souligné l’importance du partage de la valeur de la paix, une valeur universelle-refuge. En particulier, les intervenants se sont penchés sur la question de l’immigration. Brûlot dans de nombreuses capitales occidentales aujourd’hui, les scientifiques invitent à analyser ce phénomène, vieux comme le monde, sous une perspective renversée. L’immigration est un atout pour les pays où s’implantent les migrants, cela est reconnu. Aussi, elle constitue un facteur de développement et de paix pour les pays ravagés par la guerre, la famine et des maladies. La conférence de Milan a soutenu que cette vision, très peu reconnue, appelle une première conséquence tout aussi renversante. Il faut désormais investir dans une économie de paix, plutôt que dans celle de l’armement. Même quand son gain n’est pas identifiable, la paix est une valeur qui conditionne tous les autres facteurs de progrès économique et humain. Aucun développement intégral n’est possible dans aucun pays tant qu’il y règnent la guerre et les violences. Les intervenants ont, par ailleurs, fait allusion à des personnalités de renom comme l’Iranienne Shirin Ebadi, Prix Nobel de la Paix 2003: « Dans un monde où la distribution des richesses est toujours aussi inégalitaire, parce que subissant l’effet raveur des guerres intestines, des épidémies, la paix n’est plus à entendre sous la forme de la seule absence de guerres. Elle signifie élimination de la faim, réduction de la mortalité infantile, accès universel à l’instruction, amélioration des systèmes de santé et des conditions de la mère et de l’enfance, lutte contre les maladies courantes, comme le Sida, le paludisme et les autres pathologies qui affligent des millions de personnes dans le monde ». La Conférence mondiale des sciences pour la paix pointe du doigt le comportement d’un monde déboussolé et inconscient où « des budgets militaires faramineux, capables de financer la paix, sont brûlés en seulement six mois », sans garantie d'une paix pérenne. Le monde est à la croisée des chemins, poursuit encore le mouvement du Pr Veronese. C’est donc vers la paix qu’il faut désormais se donner, question d'envisager une économie mondiale plus prospère. Lucien Mpama |